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17.11.2009

L'illusionniste

L'illusionniste

Steven Millhauser ne trafique pas dans les dans la perturbation émotionnelle ni dans le conflit interpersonnel.

La plupart des auteurs de fiction essayent de faire ressembler leurs personnages à des gens réels, mais  Millhauser, lui, les aplatit, donnant de ses livres l'impression d'être plus vrais que vrais. Pour lui, une observation méticuleuse fait le travail de la psychologie. Il est presque notre animiste de pointe, dans ses histoires, les mannequins sortent du magasin par la fenêtre et des peintures tapent sur le chapeau du quidam de passage. Ses véhicules pour ces effets sont les paraboles et la confession. Chaque phrase de Millhauser recèle une tranquillité inquiétante qui la rend immédiatement reconnaissable, au sentiment que chacune d'entre elle est enregistrée pour la postérité par le dernier homme vivant. Les 13 histoires terribles de "Rires Dangereux" nous réintroduisent dans un étrange royaume, fondé il y a cinq ans, dans sa collection précédente, " Le Roi dans L'Arbre " Après la première histoire décrite comme un croquis d'introduction, il divise le reste en trois sections " Les actes qui disparaissent", "Architectures impossibles" et " Histoires hérétiques". ( Vous pouvez recomposer les noms et les adjectifs à souhait).

Ensemble, elles représentent la galerie typique de Millhauser de miniaturistes obsédés, des adolescents papelards fascinés en quête de mystérieuses filles évanescentes et des observations à propos des futures dystopiques que font miroiter avec une confiance malade, les politiciens des villes. Avec les années l'élégante prose milieu vingtième s'est encore affermie, alors, il déplace ses thèmes choisis avec davantage de confiance et de puissance. Dans l'épisode appelé " Les actes qui disparaissent", Millhauser présente des gens qui, d'une facon ou d'une autre cessent d'exister. L'histoire titre montre une collégienne ordinaire, avec un talent pour le rire orgasmique et  qui profite de sa popularité. Quand, l'épidémie d'hilarité s'abat, un jour d'été, sur une foule d'adolescents la tue après que ses condisciples l'avaient jeté par la fenêtre  pour aller au balayage communal. Le narrateur adolescent de " La Chambre dans le grenier ", se lie d'amitié avec Wolf, un nouveau compagnon de classe sympathique, préoccupé par la maladie inconnue  de sa sœur qui la garde hors de l'école. Ce couple, Isabelle et David, gardent leur relation secrète pendant des mois dans une chambre obscure, ne se connaissant que par la voix et d'occasionnels attouchements. Davis grandit, tranquillement obsédé, mais le climax, quand Isabelle s'apprête à ouvrir les rideaux, il s'échappe et quand il revient quelques jours plus tard, elle a disparu envoyée, d'après sa mère, chez une tante dans le Maine. "Elle adorait les jeux, tous les jeux ", il s'en rappelle et se demande si ce n'était pas finalement son propre jeu, plus rêve que réalité. La personnalité glissante est aussi le thème de " La disparition d'Hélène Coleman " à propos d'une femme qui retourne dans son appartement loué et qui n'en ressort plus. La police enquête et ne trouve aucune trace de crime ni d'Hélène Coleman. La porte était fermée, la clé à l'intérieur, avec la porte feuille de la femme. " C'est vrai qu'une chose vue ne s'oublie pas ". Le narrateur ne se demande seulement pour reconnaître que c'est que c'est faux. Elaine Coleman, conclut-il, disparaît graduellement, " s'évanouissant, fixée par la longue habitude de passer inaperçue. La partie nommée "Histoires érotiques" contient une série alternée de passé récent. Harlan Crane, le sujet  de “Un précurseur du cinéma” est  petit illustrateur à New York durant la période préhistorique de l'industrie du film, à l'époque, quand  une montagne de beaux jouets, de spectacles et d'amusement produisaient des impressions de mouvement vivantes et éclatantes. Les peintures de Crane exposée dans  son théâtre phantoptique, sont si vivantes que beaucoup d'observateurs les voient vraiment bouger. L'illusion ou peut-être une hallucination partagée, d'après la spéculation de certains journaux mènent à des rixes et à la mort du spectateur, La ville ferme le phantoptique avant le lien potentiellement remarquable au monde inanimé ne puisse être confirmer. Thomas Edison domine " Le Magicien d'Orange Ouest", qui travaille sur une invention appelée Haptographe, machine qui, une fois perfectionnée, donnera à ses utilisateurs l'impression d'être touché. Mais à la dernière minute, une recherche plus rémunératrice, un séparateur de lingots captive l'imagination d'Edison. Le microscope du toucher est remis sur une étagère avec ses potentiels pour de nouvelles formes, de nouveaux touchés, tout un monde enfermé. Un objet qui fera apparaître le phonographe comme un jouet intelligent sans plus, croit le narrateur agité. Dans le remarquable "Ici à la Société Historique ", un narrateur anonyme défend la décision d'une petite société dans une ville de province d'améliorer ses expositions. Les vieux mousquets typiques et les têtes de flèches en silex des "Indiens Setaucus " avec l'éphémère de ce qu'il appelle le nouveau passé, par  exemple de signes de voirie, des extincteurs, des poteaux de téléphone de notre ville, chaque pièce de monopoly et chaque raquette de badminton.

Il y a des assistants qui comptent les aiguilles de chaque sapin et chaque parcelle de mica sur toutes les tuiles de chaque toit. Comme argument le narrateur est que le soleil se reflétant sur un morceau de cellophane reposant entre les chiendents d'une route parle plus éloquemment que l'histoire de Rome et conclut en offrant les clés de son univers fictionnel que " Le présent est le seul passé que nous ne connaîtrions jamais ". Les histoires sur les sociétés d'un future proche en quête de progrès techniques sont réunies sous le titre "Architectures Impossibles ". Dans "Le Dome", quelques individus, puis des villes entières et finalement une nation sont couvertes progressivement de domes de plus en plus grands, d'abord manufacturés par Viviglas, puis par Slenpidmax enfin par la société  Celestilux Supérieur. La communauté au centre de "L'Autre Ville" conçoit son sens des réalités d'une ville adjointe identique ou chaque détail, jusqu'à la corde à sauter à manches rouges dans le jardin de Langley, est reconstitué à l'identique et tous les détails mis à jour en temps réel par des "maîtres réplicateurs". La ville dans "La Tour" vit dans l'ombre d'un édifice sans cesse grandissant, incarnation de l'ambition de se libérer de la mort et qui physiquement, aux derniers moments de l'histoire s'effondre. La dernière histoire mêle les nuances de la bible et de 9/11. "L'Autre Ville" semble un commentaire sur nos existences dominées par la télévision, Dans  "Le Dome" le pays n'est plus un centre commercial mais une immense salle de spectacles fait penser que le véritable sujet de Millhauser est l'Amérique contemporaine. Mais, dans ce monde post moderne, le sens n'est jamais dévoilé. Ce sont des fables et non pas des allégories, leurs qualités hermétiques nous découragent d'errer hors du texte. Raison pour laquelle semble moins un disciple de Jorge Luis Borges, auquel on le compare parfois, que de Shirley Jackson ou même de

"Twilight Zone". Ces nouvelles sont offertes à votre appréciation, rien de plus. Millhauser commença son voyage inhabituel en 192 par une biographie parodique  “Edwin Mullhouse : La vie et la Mort d'un Ecrivain Américain 1943-1954 ”. Supposée écrite par un contemporain précoce et attentif Jeffrey Cartwright. Tout les thèmes travaillés par l'auteur dans les dernières années se trouvent dans ce premier livre : le moi instable, la différence tranchante entre le reve et la réalité. Le pouvoir d'hystérie de la jeunesse. La manière avec laquelle Millhauser convoie un monde suburbain ou un glissement tranquille du soi prenait plus de place que la violence correspond à peu près à cette époque. Ses caractères n'on pas apparus ou disparus. Ils vivent sous le ciel indifférent du Connecticut, amarrés à la réalité par leurs pensées et par leurs livres. Depuis lors, une vigilance visuelle affinée, qui fait le fond de son style es son possesseur, sont arrivés à quelques succès. Peu de choses ont change pour Millhausser. Mais pas pour nous, plus de trente ans plus tard avec la vie vécue partout ouvrant la voie à l'internet et à la télévision réalité. Les chroniques qu'offre  Millhauser de notre paysage semi-habité ne sont pas seulement brillantes mais aussi presciente.

 

 

By D.T. MAX

 

 

 

 

Le binôme Aryens/Dravidiens est-il valide ?

Subhash Kak est l'auteur du code astronomique du Rigveda, A la recherche du berceau de la civilisation ainsi que de nombreux papiers.  Sur la science indienne aux origines y compris un écrit décisif de 1997  établissant que la chronologie conventionnelle des textes anciens est fausse.

 

Nous comprenons tous la construction de l'orient par l'occident comme besoin  de satisfaire un besoin d'auto représentation dans sa relation à l'autre.  Pour justifier son ascendant, l'autre est désigné comme inférieur et primitif,  despotique et féodal. La définition s'est trouvée facilitée par un usage sélectif  des textes tout en rejetant les interprétations traditionnelles, approche appelée aujourd'hui  orientalisme. Les termes de la construction n'étaient pas proprement définis. Maintenant,  nous savons que la notion de race pure n'a pas de sens puisque toutes les caractéristiques  extérieures de l'être humain sont définies par un continuum.

 

Au 19° siècle, époque du  triomphalisme européen,  ces étaient normatives,  avec des indications qui n'ont  jamais été combattues très vigoureusement. Et bien que cette époque marque les débuts  de la science moderne, les vieux mythes continuaient  d'exercer une grande influence.

 

Quand on découvrit que les langues de l'Inde et de l'Europe étaient apparentées en  structure et en vocabulaire, L'Ouest répondit par une fabrique de mythes académiques.  Ces mythes, appuyés sur l'érudition, informés par une profonde connaissance de l'Hébreu  et du Sanscrit, fortifiés par des études comparatives de données linguistiques,  par la mythologie et par la religion et mis en forme par l'identification des structures

linguistiques,  les formes de pensée et les artefacts de civilisation.

 

Ce sont  aussi des mythes, des fantaisies de l'imagination sociale, à chaque niveau. La philologie comparative

des langages les plus anciens se transforma en quête des origines, une tentative de retour  vers le moment privilégié, quand Dieu, l'homme et les forces naturelles vivaient  encore une mutuelle transparence. La plongée dans un passé lointain à la recherche de "racines"  passa de mains en mains, foi inoubliable dans le sens de l'histoire, dans sa trajectoire, guidée par  la Providence du Dieu unique, ne pouvait se comprendre que par la lumière de la révélation chrétienne. Tout en inventant les disciplines des études sémitiques et indo-européennes, ils inventèrent aussi les figures  mythiques de l'Hébreu et de l'Aryen, paire providentielle, qui, en révélant, aux peuples de l'occident  christianisé, le secret de leur identité, les ornait d'une patente de noblesse justifiant leur domination spirituelle,  religieuse et politique (Vernant 1992). Alors que le terme "aryen" ne possède aucunes connotations raciales  dans les textes indiens et les docents insistèrent sur ce fait. On supposa, plus tard, qu'aryen signifiait européen de race.

 

L'Europe réclama pour elle-même, les textes "aryens" comme une part de son passé oublié.  Elle se considérait comme l'héritière des imaginations et du passé des Aryens et de l'idée du monothéisme des Hébreux.  Cet héritage dual, était la marque de la destinée impériale de l'ouest. En dépit de son monothéisme, le pauvre juif, manquant de sang aryen, a vu la sombre silhouette des camps de concentration et la fumée s'élevant des fours. (Vernant 1992). D'autre part, Le métis d'asiate et d'aryen n'avait aucun future sinon celui d'un esclave. Il pouvait, pour ainsi dire, se racheter, s'il rejetait tout, sinon, l'origine la plus antérieure de son appartenance qui existait, quand les Aryens étaient encore une race pure. C'est le sens de la démarche à comprendre chez des professeurs comme Max Muller. La controverse deviendra ultérieurement une querelle religieuse. Se fait l'écho de saint Augustin, Muller, vit sa propre foi comme une avancée pour le progrès des asiatiques. Nous souririons aujourd'hui quand il écrit :  Le Christianisme est simplement le nom de la vraie religion, religion connue déjà des anciens, depuis les débuts de la race humaine (Olender 1992)

 

On postula un jardin d'éden appelé langue proto Indo-européenne (PIE). L'Europe devint la patrie de ce langage auquel on attribua de nombreuses qualités pour conclure à une théorie de la race liant les Européens au foyer originel. Déclarations des porte-paroles du PIE. En s'appropriant les origines, ils s'approprièrent aussi l'ancienne littérature des Indiens et d'autres locuteurs. Sans passé, comment les nations de l'Empire aurait-elle pu trouver l'égalité avec l'ouest ? On voyait une double source à la littérature indienne, d'abord, les Védas incarnant le culte de la nature des purs  Aryens additionnés d'une mixture de légendes indigènes. Le tout  devint une narration de rituels irrationnels

 

 

 

 

Science et Pseudoscience

 

En science ou dans le discours rationnel, l'information empirique, peut, en principe, falsifier une théorie. C'est pourquoi, le créationnisme qui explique le monde fossile aussi bien que l'institution humaine en expliquant que çà a été placé là avec tout le reste par Dieu, quand il créa l'univers en 4004 avant Jésus Christ, comme ce n'est pas une théorie scientifique, c'est infalsifiable. Pour construire une théorie scientifique, on doit aussi utiliser le rasoir d'Occam, suivant lequel, l'hypothèse la plus économique rend l'information acceptable. Les mauvaises tentatives ne doivent éloigner personne de la bonne science. Pourquoi  le proto Indo-européen est-il une conception erronée ?  Pourtant, çà a l'air assez raisonnable :  si les origines biologiques  existent alors les origines linguistiques existent aussi. Et pourquoi ne croyons-nous pas que la nature du langage nous dit quelque chose à propos de la culture ?  Si les Européens ont dominé l'histoire récente, pourquoi ne l'acceptons-nous pas comme une caractéristique de l'Européen ?

 

Donc, si les Européens dominaient les temps anciens alors l'origine du langage devait se trouver dans la sphère européenne ou l'énergie de ceux qui détenaient le langage les a menés dans tous les coins de l'Asie pour imposer leur langue aux natifs.

 

Plusieurs problèmes se posent avec cette idée de la langue. D'abord sur l'hypothèse que les idiomes sont définis comme des entités fixes qui évolue dans un sens biologique.

 

En réalité, le périmètre d'une langue se défini dans un système complexe et graduel des plusieurs langues et dialectes d'une famille. Le degré d'homogénéité dans le domaine du langage est une réflexion sur les liens ou interactions avec le domaine. Pour une langue largement distribuée, dans l'ancien monde, on doit s'attendre à plusieurs dialectes. Un proto langage unique n'existerait pas.

 

De plus, l'évolution de la langue dans le temps ne peut être un processus gouverné par des règles libres, de telle manière que si on l'inversait, il reconstituerait la langue primitive. Les changements dans chaque région reflètent l'interaction de tous les locuteurs avec les autres langues, la plupart étant aujourd'hui éteintes ainsi des d'autres formes variées du bilinguisme.

 

Troisièmement, il n'y a pas d'évidence pour confirmer ou infirmer l'existence de ce langage. On ne peut affirmer avec certitude que la relation historique attestée entre les différents langages puisse avoir émergé d'un ou de plusieurs modèles en compétition. Si on considère ce qui a prévalu dans le nouveau monde quand les Européens arrivèrent, le monde précolombien possédait une multitude langues. Et ce de cette  grande diversité, qu'à procédé une quasi-extinction et qui ne sont plus parlées que par des groupes minoritaires. Lé métaphore de la perfection originelle menant à une vaste diversité doit être remplacé par la métaphore du réseau(Robb 1993).

Cela devient clair quand on considère l'héritage biologique et quand on remonte dans le temps, on trouve de plus en plus d'ancêtres

 

 

 

 

Ensuite, postuler la langue originelle dans un foyer spécifique, violente les faits. Aucune évidence n'indique que les Indous seraient très différents aujourd'hui qui ne l'étaient, il y a 8.000 ans, et même que leur aspect ait changé(Kramrisch 1981). Le marquage de cette littérature indique qu'elle existe depuis plus de 7.000 ans et qu'elle est localisée géographiquement dans la région de l'Inde. S'il n'y a pas de foyer originel, il n'y a donc pas une seule  patrie non plus. Le postulat du "foyer" sans l'attacher à une période de temps définie en tombant dans le même piège logique que dans la recherche des invasions et de l'immigration. Des noms d'arbres ou d'animaux ne peuvent déterminer un foyer. Dans le réseau des langues, les différentes zones géographiques indiqueront des noms d'arbres ou d'animaux qui sont spécifiques à cette zone. Quand on examine l'analyse européenne, les noms d'arbres et d'animaux favoriseront ceux trouvés dans son climat. Dans la perspective indienne, la référence fonctionne par rapport à la flore et à la faune

 

 

 

Aryens et Dravidiens

 

C'est l'évêque Caldwell (1875) qui suggéra que les langues du sud de l'Inde : Tamil, Malayalam, Kannada, et Telugu formaient une famille dravidienne séparée. Il prétendait aussi que les locuteurs de la langue proto-dravidienne entra en Inde du nord ouest. D'autres académiques arguèrent contre cette théorie de l'invasion dravidienne était une tentative de voir les deux langages indiens du Nord et du sud, venir dans le sous-continent de l'extérieur (Asie de l'Ouest) comme une préoccupation avec la notion de "jardin d'éden".

 

Si on s'intéresse à des concepts d'identité, d'invasions ou d'immigration des "Aryens" dans leurs relations avec les "Dravidiens", il devient clair qu'ils se trouvent en dehors de la poursuite du débat académique.

La raison est que le problème de ce qui constitue un Aryen ou un Dravidien, dans le sens biologique ou culturel, comme il est généralement posé, est insoluble.

 

Le problème des Aryens et des Dravidiens est au confluent de nombreuses catégories. Les textes indiens n'utilisent pas les termes d'Arya ou d'Aryens dans un sens linguistique mais seulement en termes de culture. Il existe une référence dans le Manu Smriti ou même les Chinois sont qualifiés d'Aryens, démontrant que ce n'est pas la langue qui définit le terme. Les rois du sud de l'Inde s'appelaient eux-mêmes Aryens comme l'ont fait les voyageurs indiens qui portèrent la civilisation en Asie du sud est. On peut poser le problème en termes de distinction anthropologique entre les locuteurs du Nord et du sud de l'Inde. Mais, l'anthropologue dit qu'il n'y a pas de différences. Quand les linguistes du 19° insistèrent pour que le terme "Aryen" soit réservé aux langages du Nord de l'Inde, une confusion inévitable se fit jour(Kak 1994). Les définitions d'Aryen et de Dravidien sont extrapolées de la culture des locuteurs du Nord et du sud qui sont identiques aussi loin que nous remontions.

Mais quelques différences dans les lois dynastiques et dans la géographie sacrée font partie du corpus.  Le Nord avait Kashi et Mathura ; le Sud avait Kanchi et Madurai.  Qui pourrait conclure à l'original ? Alors, si les différences culturelles n'existent pas, l'usage du terme "Aryen" définissant la culture ou simplement les locuteurs des langages du Nord de l'Inde est faux et ne mène qu'à la confusion.

 

L'exemple suivant focalise l'absurdité de la terminologie. Des textes affirment que les Indous Tamils s'installèrent au Cachemire au début du 15° siècle sous le règne libéral de Bada Shah. On ne connaît pas le nombre de gens qui émigrèrent, mais de toute façon, c'est la nature de telles évidences textuelles, Mais qu'est-ce que çà fait un Aryen ou Un Dravidien ? Les Marathes peuvent très bien avoir un substrat dravidien, mais comment affirmer qu'il n'y avait pas d'autres langues parlées là-bas. Alors que, peut-être, les migrations ont pu faire des aller retour. Imaginons, que tout le monde en Inde parlait dravidien au début et que, conséquemment aux procédés "d'élites dominantes", la plupart des habitants du Nord se soient mis à parler Indo-Aryen en gardant leurs traditions et légendes. Les nouveaux locuteurs restent culturellement des dravidiens et aussi certainement biologiquement, si cela veut dire quelque chose et avec ce qui s'est passé en Inde alors les Aryens sont-ils en réalité des Dravidiens et par voie de conséquence les Dravidiens sont-ils aussi Aryens ?

 

On ne connaît pas les auteurs des Veda. Bilingues connaissant le dravidien et le védique, mais peut-être que leur première langue était dravidienne même si ils avaient des noms sanskrits, comme on a pu le vérifier dans le sud de l'Inde pour la plus grande part des temps historiques ou étaient purement sanskrit. On peut  penser qu'aucune rhétorique ou idéologie  ne pourra résoudre cette question.

 

L'usage d'une langue dans la littérature ne démontre même pas que les locuteurs soit une élite dominante. Considérons l'usage de l'Ourdou au Pakistan. Les Punjabi parlant Punjabs représente un groupe dominant mais on utilise l'Ourdou dans la vie quotidienne pour des raisons historiques. En fait, les  seul groupe ethnique pour qui l'Ourdou est la langue native, les Mohajirs, se sentent au bas de la pyramide sociale.

 

Les textes ne peuvent révéler l'atavisme ethnique et des indiens peuvent adopter un nom occidental pour ne pas être identifier ethnique ment par leurs écrites.

 

Pour dire que le terme "Aryen", mésusé par tant de parties devrait simplement disparaître du discours académique

 

 

Plusieurs variétés de familles

 

 

L'évidence linguistique, en Inde, requière le postulat de deux types de classification. La première est la classification indienne traditionnelle ou l'entièreté de l'Inde est une seule zone linguistique dénommée la famille  Prakrit, Les linguistes sont d'accord pour penser, en se basant sur certaines relations structurelles que les deux langues sont plus proches que le Sanskrit et le Grec(Emeneau 1980).

 

Deuxièmement, nous avons une division entre les idiomes du Nord de L'inde qui devait s'appeler Prakrit du Nord( appelé indo-aryen par les linguistes) et ceux du Sud qui peut-être appelé peut appeler Prakrit du Sud (ou Dravidien).

 

 

Le Prakrit du Nord appartient au groupe indo-européen. Comme le Dravidien peut appartenir à une autre famille plus large.

 

Cette classification permettrait de se débarrasser du terme Aryen et de sa charge connotative. Et, autre bonne chose, de comprendre que les familles de langues ne sont pas des systèmes exclusifs mais qu'elles s'interpénètrent en cercles dans une dynamique d'expansion et de régression dans le temps.

 

Retour à l'Inde ancienne

 

Certains indianistes, convaincus  du vieux paradigme racial ont mis les faits à l'envers pour les faire rentrer dans leurs théories(Kak 1997). L'évidence archéologique démontrer que les Védas précèdent les Puranas. Mais comme les scènes Du Purana sont visibles dans l'iconographie des temps d'Harappa(-2600-1900). On fait précéder les Védas par le matériel puranique de façon à le situer au second millénaire avant Jésus-Christ.

 

La résolution logique de toute l'évidence textuelle et archéologique permet d'affirmer que la zone indienne devint une seule zone culturelle autour des 3.000 ans avant l'ère chrétienne

 

La civilisation indienne fut créée par des locuteurs de nombreux langages mais la langue de l'expression littéraire

La plus ancienne, c'est le Sanskrit védique en relation lui-même les langues Prakrit du  Nord et du Sud.

 

L'idée est rendue valide, par l'évidence interne  et par les études indigènes qui montre qu'on trouve la source de des traditions indo-gangétiques  à partir de -7.000 ans. Une nouvelle analyse de l'art ancien permet aussi de soutenir ces conclusions. (Kak 1998).

 

Par exemple, David Napier (1998) montre que les marques frontales de la Gorgone et que l'œil du cyclope dans l'art grec sont des éléments indiens. , Il suggère aussi que  ce soit  peut-être du à l'interaction des influences des fantassins indiens avec les armées arabes pour lesquelles ils combattaient. Il évoque l'éventualité de l'influence des Indiens qui commerçaient avec la Grèce, 2.000 ans avant notre ère. Et le nom de la cité mycénienne, Tiryns, endroit ou on trouve les plus anciens monuments de Grèce, est le même que le peuple de marins Tamils le plus puissant, les Tirayens

 

 

Travaux cités

 

Caldwell, R. 1875. Une grammaire comparative des langues dravidiennes. 2° ed. Londres.

Emeneau, M.B. 1980. Langages et régions Linguistiques. Stanford University Press.

Kak, S. 1994. On the classification of Indic languages. Annals of the Bhandarkar Oriental Institute, 75, 185-195.

Kak, S. 1997. The Aryans and ancient Indian history. Indiastar Magazine. <www.indiastar.com/kakaryans.html>

Kak, S. 1998. Indic ideas in the Graeco-Roman world. to appear in Indian Historical Review, 1998. Also in Indiastar Magazine. www.indiastar.com/kak5.htm

Kramrisch, S. 1981. La présence de Civa. Princeton University Press.

Napier, D. 1998. ``Masks and metaphysics in the ancient world: an anthropological view.''

Presented at the International Seminar on Mind, Man and Mask, Indira Gandhi National Centre for the Arts, New Delhi, Feb 24-28, 1998.

Olender, M. 1992. The Languages of Paradise: Race, Religion, and Philology in the Nineteenth Century. Cambridge: Harvard University Press.

Robb, J. 1993. A social prehistory of European languages. Antiquity, 67, 747-760.

Vernant, J.-P. 1992. ds. Olender (1992).

 

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Une biographie de Judas

Le nom " Judas " est empoisonné, il est attaché à l'espion de la porte de prison,  au ver à soie sans soie qui pend, mort, d'un arbre, l'animal dépecé  par le chasseur  comme appât et la chaise à clous utilisée pour infliger des tortures sexuelles aux hérétiques, c'est un libelle politique, une accusation chantée par un chanteur populaire qui trahit ses racines, une malédiction collée à un ami qui retourne sa veste. Personne, aujourd'hui, c'est certain, ne souhaiterait appeler son enfant  Judas. Susan Gubar vient de publier une "bio graphie" qui porte ce nom. Ce n'est pas une tentative quichotesque pour écrire la vie d'un homme que le nouveau testament n'évoque que douze fois. Ce n'est pas l'étude de sa vie mais de son appréciation, dans l'art, la littérature et l'histoire de l’Ouest. L’histoire de 2.000 ans de nombreux Judas, apôtre anomale, traître et paria, l'embrasseur homophilique du Christ, le Zélote irritant et l'homme tombé sans joie pour la rédemption. De manière plus dérangeante ; c'est l'histoire d'un Judas au nez crochu, roux, jaune qui hante tant de peintures de la dernière cène, assis de l'autre coté de la table dans un isolement torturé. C'est la représentation du totem antisémite monstrueux incarné dans le Judas-Juif. Il n'avait pas commencé carrière comme monstre. Les écrits bibliques les plus anciens ne font même pas allusion à son nom, d'ailleurs, ils ne parlent pas de la résurrection non plus. Paul ne semble pas en avoir entendu parler, notant simplement : "Jésus fut trahi" La question n'intéresse guère Marc qui ne fait que s'indigner sur son gaspillage de l'huile sainte déjà si chère qui donne à Jésus son baiser infâme et disparaît de l'histoire. Pendant toute la durée du premier siècle, les relations entre les chrétiens et les Juifs se détériorèrent, Les évangiles commençaient à rendre responsable de la crucifixion, les prêtres et les pharisiens plutôt que les Romains et leur nécessaire agent double. Judas devint "l'apôtre juif" solitaire avant que l'apparition de Jésus et ses siens. D'autres générations allèrent plus loin et les historiens nazis sont aller jusqu'à écrire que Jésus, venait, en réalité d'une tribu galiléenne non juive. En résumé Judas grandit en danger et en importance. le Judas de Matthieu est un intrigant déguisé, mais il se pend de remord. Le judas satanique, possédé, de Luc n'arrive pas à donner le baiser à Jésus car il est écarté et finit ses jours prosaïquement de telle manière qu'il s'ouvrit du milieu et que ses tripes en sautèrent  A l'époque ou Jean rédigea son évangile, Judas étais devenu le trésor de guerre des apôtres et un démon sous forme humaine de plein droit. Gubar souligne laborieusement que la nature de Judas a subsisté au travers de nombreuses périodes l'histoire. Mais elle indique aussi une large progression de la disgrâce à la dignité. La première fut profonde. Dans l'art médiéval Judas devient le démon lycanthrope qui mord autant qu'il embrasse, caricature boursouflée, aux taches de sang, exécrable avec une bourse qu'il traîne comme un utérus distendu suivi d'avatars aussi divers que Shiloh ou le Dracula de Bram Stocker. Son ascension finit par atteindre une affreuse apothéose antisémite dans l'extraordinaire jaculation de Martin Luther. Comme les tripes de judas commencent à danser, Luther imagine les juifs attendre au pied de la potence avec des vases d'or et d'argent afin d'attraper l'explosion. Et luther ajoute : qu'ils prirent aussi son urine la mélangèrent aux excréments, qu'ils partagèrent ce repas en buvant, raison pour laquelle ils développèrent  un regard si perçant. La Renaissance essaya encore un peu plus loin. Les artistes se focalisèrent sur le baiser de Judas avec une telle attention  aimante, qu'il fit moins peur. Comptes-rendus tourmentés, sophistiqués et même érotiques en lisant la virtuosité de Carracci, Caravage et les autres, Gubar nous convainc que Judas peut aussi apparaître comme une silhouette sexuelle trahissant son ami et pris dans les bras de la loi et non ceux de son amant, finalement bannie des cieux. L'auteur est très douée dans ce type de relecture de l'art et de la littérature et a passé au moins la moitié de ses livres à fureter les poèmes, les pièces, les films représentant Judas qu'elle utilise pour calligraphier son contrepoint. Sa démonstration nous explique comment la sympathie pour Judas s'est accrue pendant les Lumières et comment les écrivains commencèrent à remettre en question la justice divine qui demandait tant de souffrances non seulement de Jésus mais aussi de Judas. L’essayiste opiomane Thomas De Quincey dit que c'était son coeur brisé qui se répandit et le  Méthodiste Charles Wesley remercie son Seigneur de libérer non seulement le juste mais aussi "Judas, Esau, Cain, et moi". Susan D. Gubar couvre un terrain qui coupe le souffle, de Dryden à Thomas Hardy en passant par la propagande nazie et " La Dernière Tentation du Christ" de Nikos Kazantzakis’s en 1960 qui fait de Judas l'homme de paille du plan divin. Elle privilégie l'art et non la théologie ou l'histoire des idées, ce qui rend ses écrits un peu glissant sur la surface. Le chapitre final, néanmoins  récollection de l'ouvrage, n'en est pas moins magnifique parce que Judas compte aujourd'hui et chaque réinvention de son personnage reconfigure Jésus puis il n'est pas L'antéchrist mais une figure spéculaire, par qu'il évoque l'évolution de l'attitude du christianisme à l'égard du judaïsme et qu'il nous réfléchit. Il incarne notre nature la plus sombre, notre capacité pour la misère, le désespoir et l'égoïsme. Il n'est pas seulement le négatif ultime mais aussi l'ennemi intérieur.