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17.11.2009

Le binôme Aryens/Dravidiens est-il valide ?

Subhash Kak est l'auteur du code astronomique du Rigveda, A la recherche du berceau de la civilisation ainsi que de nombreux papiers.  Sur la science indienne aux origines y compris un écrit décisif de 1997  établissant que la chronologie conventionnelle des textes anciens est fausse.

 

Nous comprenons tous la construction de l'orient par l'occident comme besoin  de satisfaire un besoin d'auto représentation dans sa relation à l'autre.  Pour justifier son ascendant, l'autre est désigné comme inférieur et primitif,  despotique et féodal. La définition s'est trouvée facilitée par un usage sélectif  des textes tout en rejetant les interprétations traditionnelles, approche appelée aujourd'hui  orientalisme. Les termes de la construction n'étaient pas proprement définis. Maintenant,  nous savons que la notion de race pure n'a pas de sens puisque toutes les caractéristiques  extérieures de l'être humain sont définies par un continuum.

 

Au 19° siècle, époque du  triomphalisme européen,  ces étaient normatives,  avec des indications qui n'ont  jamais été combattues très vigoureusement. Et bien que cette époque marque les débuts  de la science moderne, les vieux mythes continuaient  d'exercer une grande influence.

 

Quand on découvrit que les langues de l'Inde et de l'Europe étaient apparentées en  structure et en vocabulaire, L'Ouest répondit par une fabrique de mythes académiques.  Ces mythes, appuyés sur l'érudition, informés par une profonde connaissance de l'Hébreu  et du Sanscrit, fortifiés par des études comparatives de données linguistiques,  par la mythologie et par la religion et mis en forme par l'identification des structures

linguistiques,  les formes de pensée et les artefacts de civilisation.

 

Ce sont  aussi des mythes, des fantaisies de l'imagination sociale, à chaque niveau. La philologie comparative

des langages les plus anciens se transforma en quête des origines, une tentative de retour  vers le moment privilégié, quand Dieu, l'homme et les forces naturelles vivaient  encore une mutuelle transparence. La plongée dans un passé lointain à la recherche de "racines"  passa de mains en mains, foi inoubliable dans le sens de l'histoire, dans sa trajectoire, guidée par  la Providence du Dieu unique, ne pouvait se comprendre que par la lumière de la révélation chrétienne. Tout en inventant les disciplines des études sémitiques et indo-européennes, ils inventèrent aussi les figures  mythiques de l'Hébreu et de l'Aryen, paire providentielle, qui, en révélant, aux peuples de l'occident  christianisé, le secret de leur identité, les ornait d'une patente de noblesse justifiant leur domination spirituelle,  religieuse et politique (Vernant 1992). Alors que le terme "aryen" ne possède aucunes connotations raciales  dans les textes indiens et les docents insistèrent sur ce fait. On supposa, plus tard, qu'aryen signifiait européen de race.

 

L'Europe réclama pour elle-même, les textes "aryens" comme une part de son passé oublié.  Elle se considérait comme l'héritière des imaginations et du passé des Aryens et de l'idée du monothéisme des Hébreux.  Cet héritage dual, était la marque de la destinée impériale de l'ouest. En dépit de son monothéisme, le pauvre juif, manquant de sang aryen, a vu la sombre silhouette des camps de concentration et la fumée s'élevant des fours. (Vernant 1992). D'autre part, Le métis d'asiate et d'aryen n'avait aucun future sinon celui d'un esclave. Il pouvait, pour ainsi dire, se racheter, s'il rejetait tout, sinon, l'origine la plus antérieure de son appartenance qui existait, quand les Aryens étaient encore une race pure. C'est le sens de la démarche à comprendre chez des professeurs comme Max Muller. La controverse deviendra ultérieurement une querelle religieuse. Se fait l'écho de saint Augustin, Muller, vit sa propre foi comme une avancée pour le progrès des asiatiques. Nous souririons aujourd'hui quand il écrit :  Le Christianisme est simplement le nom de la vraie religion, religion connue déjà des anciens, depuis les débuts de la race humaine (Olender 1992)

 

On postula un jardin d'éden appelé langue proto Indo-européenne (PIE). L'Europe devint la patrie de ce langage auquel on attribua de nombreuses qualités pour conclure à une théorie de la race liant les Européens au foyer originel. Déclarations des porte-paroles du PIE. En s'appropriant les origines, ils s'approprièrent aussi l'ancienne littérature des Indiens et d'autres locuteurs. Sans passé, comment les nations de l'Empire aurait-elle pu trouver l'égalité avec l'ouest ? On voyait une double source à la littérature indienne, d'abord, les Védas incarnant le culte de la nature des purs  Aryens additionnés d'une mixture de légendes indigènes. Le tout  devint une narration de rituels irrationnels

 

 

 

 

Science et Pseudoscience

 

En science ou dans le discours rationnel, l'information empirique, peut, en principe, falsifier une théorie. C'est pourquoi, le créationnisme qui explique le monde fossile aussi bien que l'institution humaine en expliquant que çà a été placé là avec tout le reste par Dieu, quand il créa l'univers en 4004 avant Jésus Christ, comme ce n'est pas une théorie scientifique, c'est infalsifiable. Pour construire une théorie scientifique, on doit aussi utiliser le rasoir d'Occam, suivant lequel, l'hypothèse la plus économique rend l'information acceptable. Les mauvaises tentatives ne doivent éloigner personne de la bonne science. Pourquoi  le proto Indo-européen est-il une conception erronée ?  Pourtant, çà a l'air assez raisonnable :  si les origines biologiques  existent alors les origines linguistiques existent aussi. Et pourquoi ne croyons-nous pas que la nature du langage nous dit quelque chose à propos de la culture ?  Si les Européens ont dominé l'histoire récente, pourquoi ne l'acceptons-nous pas comme une caractéristique de l'Européen ?

 

Donc, si les Européens dominaient les temps anciens alors l'origine du langage devait se trouver dans la sphère européenne ou l'énergie de ceux qui détenaient le langage les a menés dans tous les coins de l'Asie pour imposer leur langue aux natifs.

 

Plusieurs problèmes se posent avec cette idée de la langue. D'abord sur l'hypothèse que les idiomes sont définis comme des entités fixes qui évolue dans un sens biologique.

 

En réalité, le périmètre d'une langue se défini dans un système complexe et graduel des plusieurs langues et dialectes d'une famille. Le degré d'homogénéité dans le domaine du langage est une réflexion sur les liens ou interactions avec le domaine. Pour une langue largement distribuée, dans l'ancien monde, on doit s'attendre à plusieurs dialectes. Un proto langage unique n'existerait pas.

 

De plus, l'évolution de la langue dans le temps ne peut être un processus gouverné par des règles libres, de telle manière que si on l'inversait, il reconstituerait la langue primitive. Les changements dans chaque région reflètent l'interaction de tous les locuteurs avec les autres langues, la plupart étant aujourd'hui éteintes ainsi des d'autres formes variées du bilinguisme.

 

Troisièmement, il n'y a pas d'évidence pour confirmer ou infirmer l'existence de ce langage. On ne peut affirmer avec certitude que la relation historique attestée entre les différents langages puisse avoir émergé d'un ou de plusieurs modèles en compétition. Si on considère ce qui a prévalu dans le nouveau monde quand les Européens arrivèrent, le monde précolombien possédait une multitude langues. Et ce de cette  grande diversité, qu'à procédé une quasi-extinction et qui ne sont plus parlées que par des groupes minoritaires. Lé métaphore de la perfection originelle menant à une vaste diversité doit être remplacé par la métaphore du réseau(Robb 1993).

Cela devient clair quand on considère l'héritage biologique et quand on remonte dans le temps, on trouve de plus en plus d'ancêtres

 

 

 

 

Ensuite, postuler la langue originelle dans un foyer spécifique, violente les faits. Aucune évidence n'indique que les Indous seraient très différents aujourd'hui qui ne l'étaient, il y a 8.000 ans, et même que leur aspect ait changé(Kramrisch 1981). Le marquage de cette littérature indique qu'elle existe depuis plus de 7.000 ans et qu'elle est localisée géographiquement dans la région de l'Inde. S'il n'y a pas de foyer originel, il n'y a donc pas une seule  patrie non plus. Le postulat du "foyer" sans l'attacher à une période de temps définie en tombant dans le même piège logique que dans la recherche des invasions et de l'immigration. Des noms d'arbres ou d'animaux ne peuvent déterminer un foyer. Dans le réseau des langues, les différentes zones géographiques indiqueront des noms d'arbres ou d'animaux qui sont spécifiques à cette zone. Quand on examine l'analyse européenne, les noms d'arbres et d'animaux favoriseront ceux trouvés dans son climat. Dans la perspective indienne, la référence fonctionne par rapport à la flore et à la faune

 

 

 

Aryens et Dravidiens

 

C'est l'évêque Caldwell (1875) qui suggéra que les langues du sud de l'Inde : Tamil, Malayalam, Kannada, et Telugu formaient une famille dravidienne séparée. Il prétendait aussi que les locuteurs de la langue proto-dravidienne entra en Inde du nord ouest. D'autres académiques arguèrent contre cette théorie de l'invasion dravidienne était une tentative de voir les deux langages indiens du Nord et du sud, venir dans le sous-continent de l'extérieur (Asie de l'Ouest) comme une préoccupation avec la notion de "jardin d'éden".

 

Si on s'intéresse à des concepts d'identité, d'invasions ou d'immigration des "Aryens" dans leurs relations avec les "Dravidiens", il devient clair qu'ils se trouvent en dehors de la poursuite du débat académique.

La raison est que le problème de ce qui constitue un Aryen ou un Dravidien, dans le sens biologique ou culturel, comme il est généralement posé, est insoluble.

 

Le problème des Aryens et des Dravidiens est au confluent de nombreuses catégories. Les textes indiens n'utilisent pas les termes d'Arya ou d'Aryens dans un sens linguistique mais seulement en termes de culture. Il existe une référence dans le Manu Smriti ou même les Chinois sont qualifiés d'Aryens, démontrant que ce n'est pas la langue qui définit le terme. Les rois du sud de l'Inde s'appelaient eux-mêmes Aryens comme l'ont fait les voyageurs indiens qui portèrent la civilisation en Asie du sud est. On peut poser le problème en termes de distinction anthropologique entre les locuteurs du Nord et du sud de l'Inde. Mais, l'anthropologue dit qu'il n'y a pas de différences. Quand les linguistes du 19° insistèrent pour que le terme "Aryen" soit réservé aux langages du Nord de l'Inde, une confusion inévitable se fit jour(Kak 1994). Les définitions d'Aryen et de Dravidien sont extrapolées de la culture des locuteurs du Nord et du sud qui sont identiques aussi loin que nous remontions.

Mais quelques différences dans les lois dynastiques et dans la géographie sacrée font partie du corpus.  Le Nord avait Kashi et Mathura ; le Sud avait Kanchi et Madurai.  Qui pourrait conclure à l'original ? Alors, si les différences culturelles n'existent pas, l'usage du terme "Aryen" définissant la culture ou simplement les locuteurs des langages du Nord de l'Inde est faux et ne mène qu'à la confusion.

 

L'exemple suivant focalise l'absurdité de la terminologie. Des textes affirment que les Indous Tamils s'installèrent au Cachemire au début du 15° siècle sous le règne libéral de Bada Shah. On ne connaît pas le nombre de gens qui émigrèrent, mais de toute façon, c'est la nature de telles évidences textuelles, Mais qu'est-ce que çà fait un Aryen ou Un Dravidien ? Les Marathes peuvent très bien avoir un substrat dravidien, mais comment affirmer qu'il n'y avait pas d'autres langues parlées là-bas. Alors que, peut-être, les migrations ont pu faire des aller retour. Imaginons, que tout le monde en Inde parlait dravidien au début et que, conséquemment aux procédés "d'élites dominantes", la plupart des habitants du Nord se soient mis à parler Indo-Aryen en gardant leurs traditions et légendes. Les nouveaux locuteurs restent culturellement des dravidiens et aussi certainement biologiquement, si cela veut dire quelque chose et avec ce qui s'est passé en Inde alors les Aryens sont-ils en réalité des Dravidiens et par voie de conséquence les Dravidiens sont-ils aussi Aryens ?

 

On ne connaît pas les auteurs des Veda. Bilingues connaissant le dravidien et le védique, mais peut-être que leur première langue était dravidienne même si ils avaient des noms sanskrits, comme on a pu le vérifier dans le sud de l'Inde pour la plus grande part des temps historiques ou étaient purement sanskrit. On peut  penser qu'aucune rhétorique ou idéologie  ne pourra résoudre cette question.

 

L'usage d'une langue dans la littérature ne démontre même pas que les locuteurs soit une élite dominante. Considérons l'usage de l'Ourdou au Pakistan. Les Punjabi parlant Punjabs représente un groupe dominant mais on utilise l'Ourdou dans la vie quotidienne pour des raisons historiques. En fait, les  seul groupe ethnique pour qui l'Ourdou est la langue native, les Mohajirs, se sentent au bas de la pyramide sociale.

 

Les textes ne peuvent révéler l'atavisme ethnique et des indiens peuvent adopter un nom occidental pour ne pas être identifier ethnique ment par leurs écrites.

 

Pour dire que le terme "Aryen", mésusé par tant de parties devrait simplement disparaître du discours académique

 

 

Plusieurs variétés de familles

 

 

L'évidence linguistique, en Inde, requière le postulat de deux types de classification. La première est la classification indienne traditionnelle ou l'entièreté de l'Inde est une seule zone linguistique dénommée la famille  Prakrit, Les linguistes sont d'accord pour penser, en se basant sur certaines relations structurelles que les deux langues sont plus proches que le Sanskrit et le Grec(Emeneau 1980).

 

Deuxièmement, nous avons une division entre les idiomes du Nord de L'inde qui devait s'appeler Prakrit du Nord( appelé indo-aryen par les linguistes) et ceux du Sud qui peut-être appelé peut appeler Prakrit du Sud (ou Dravidien).

 

 

Le Prakrit du Nord appartient au groupe indo-européen. Comme le Dravidien peut appartenir à une autre famille plus large.

 

Cette classification permettrait de se débarrasser du terme Aryen et de sa charge connotative. Et, autre bonne chose, de comprendre que les familles de langues ne sont pas des systèmes exclusifs mais qu'elles s'interpénètrent en cercles dans une dynamique d'expansion et de régression dans le temps.

 

Retour à l'Inde ancienne

 

Certains indianistes, convaincus  du vieux paradigme racial ont mis les faits à l'envers pour les faire rentrer dans leurs théories(Kak 1997). L'évidence archéologique démontrer que les Védas précèdent les Puranas. Mais comme les scènes Du Purana sont visibles dans l'iconographie des temps d'Harappa(-2600-1900). On fait précéder les Védas par le matériel puranique de façon à le situer au second millénaire avant Jésus-Christ.

 

La résolution logique de toute l'évidence textuelle et archéologique permet d'affirmer que la zone indienne devint une seule zone culturelle autour des 3.000 ans avant l'ère chrétienne

 

La civilisation indienne fut créée par des locuteurs de nombreux langages mais la langue de l'expression littéraire

La plus ancienne, c'est le Sanskrit védique en relation lui-même les langues Prakrit du  Nord et du Sud.

 

L'idée est rendue valide, par l'évidence interne  et par les études indigènes qui montre qu'on trouve la source de des traditions indo-gangétiques  à partir de -7.000 ans. Une nouvelle analyse de l'art ancien permet aussi de soutenir ces conclusions. (Kak 1998).

 

Par exemple, David Napier (1998) montre que les marques frontales de la Gorgone et que l'œil du cyclope dans l'art grec sont des éléments indiens. , Il suggère aussi que  ce soit  peut-être du à l'interaction des influences des fantassins indiens avec les armées arabes pour lesquelles ils combattaient. Il évoque l'éventualité de l'influence des Indiens qui commerçaient avec la Grèce, 2.000 ans avant notre ère. Et le nom de la cité mycénienne, Tiryns, endroit ou on trouve les plus anciens monuments de Grèce, est le même que le peuple de marins Tamils le plus puissant, les Tirayens

 

 

Travaux cités

 

Caldwell, R. 1875. Une grammaire comparative des langues dravidiennes. 2° ed. Londres.

Emeneau, M.B. 1980. Langages et régions Linguistiques. Stanford University Press.

Kak, S. 1994. On the classification of Indic languages. Annals of the Bhandarkar Oriental Institute, 75, 185-195.

Kak, S. 1997. The Aryans and ancient Indian history. Indiastar Magazine. <www.indiastar.com/kakaryans.html>

Kak, S. 1998. Indic ideas in the Graeco-Roman world. to appear in Indian Historical Review, 1998. Also in Indiastar Magazine. www.indiastar.com/kak5.htm

Kramrisch, S. 1981. La présence de Civa. Princeton University Press.

Napier, D. 1998. ``Masks and metaphysics in the ancient world: an anthropological view.''

Presented at the International Seminar on Mind, Man and Mask, Indira Gandhi National Centre for the Arts, New Delhi, Feb 24-28, 1998.

Olender, M. 1992. The Languages of Paradise: Race, Religion, and Philology in the Nineteenth Century. Cambridge: Harvard University Press.

Robb, J. 1993. A social prehistory of European languages. Antiquity, 67, 747-760.

Vernant, J.-P. 1992. ds. Olender (1992).

 

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Les idées de l’ Inde dans le monde gréco-romain

Il est courant de parler des idéologies des civilisations, mais existent-elles ? Par exemple, les doshas de l’Âyurveda sont une classification trinitaire basée sur le système cognitif védique. Platon introduit un système similaire : les trois humeurs, dans la médecine grecque  ou la respiration tient un rôle central(pneuma en grec). Mais la place centrale de la respiration (prana en sanskrit) est déjà représentée dans la pensée védique ancienne.

 

Donc, admettons avec  Filliozat (1970) que  Platon ait emprunté les notions de vent, de glaire  et de bile de la théorie primitive tridosha et que cette transmission s’est opérée par l’empire perse ? D’autre proclament que les similarités entre les systèmes médicaux grecs et indiens doivent être le résultat d’un héritage indo-européen partagé et ce qui peut apparaître indien est en fait indo-européens. La démonstration de  Dumézil sur les catégories tripartites fonctionnant aussi ailleurs dan le monde indo-européen, confirme ce point de vue. Dumézil argue que les religions indo-européennes possèdent trois fonctions hiérarchiques : la souveraineté sacrée, la force et la fécondité représentées par les catégories de Brahmâ, Rajan (ou Kshatra) et Vish. La souveraineté religieuse et politique est conçue sur le mode dualiste : le roi magicien et le juge prêtre. En Inde, cette dualité est incarnée par le rôle du

Rajan et du Brahman ; à Rome, par  Rex et Flamen. Même les noms sont similaires ! Dumézil dans son Mitra Varuna en 1948, montre que le roi magicien (Varuna en Inde ou Romulus à Rome) initie l’ordre social par la violence alors que le juge prêtre (Mitra en Inde ou Numa à Rome)  le développe par la paix. La souveraineté magique procède par les moyens du crédit et des dettes et la souveraineté juridictionnelle utilise les pactes et la croyance. Ce schéma est invariant dans le temps : le culte christique montre un  fils sauveur et intercesseur juxtaposé  un père vengeur qui punit. D’autres ressemblances entre les religions indiennes et grecques telles la société esquissée dans le Mahabharata et les poèmes homériques. La métempsychose est connue des deux cotés. L’imagerie d’un monde ovoïde, si centrale à la pensée védique est réécrite plus tard dans les légendes orphiques. Selon Rawlinson (1975), «  la ressemblance entre les deux légendes est trop évidente que pour être accidentelle ». Ces parallèles sont soit le résultat d’une même origine, de la migration ou de la diffusion culturelle et sans doute, d’une combinaison des trois. En elles-mêmes, elles ne peuvent nous aider à déterminer l’histoire du système, mais l’articulation du schéma de base possèdent différentes caractéristiques dans des régions distinctes. C’est ce style, cette articulation qui représente l’idée de civilisation. Une représentation  plus claire se trouve dans  l’art, la peinture, la musique et la littérature. Considérons la notion de l’ego dans les dialogues des  Upanisad, c’est l’essence du Veda, son savoir secret. Une emphase similaire sur la connaissance de soi est introduite dans le monde grec par les pythagoriciens et les orphiques. Correspondant aux trois gunas : sattva,  rajas et  tamas, Platon parle de trois catégories : logistikon, thumos et  epithumia et utilisait aussi une classification en trois parts de la société. Selon Lomperis (1984), «  Platon, par les pythagoriciens et les orphiques subit l’influence de la pensée indienne sans peut-être savoir qu’elle venait d’Inde » Indépendamment de l’origine de ces idées, il est clair qu’ils existaient d’importants parallèles culturels, à leur époque, entre la Grèce et l’Inde. Mais ce sont aussi ces différences significatives qui font l’originalité des civilisations. L’amplification des idées du moi et de la société apparurent de manières différentes dans les deux civilisations. La communauté d’intentions entre les idées védiques et la philosophie de Platon n’est pas si importante que la forme de l’exposition, avec ses saveurs diverses  qu’on peut appeler indienne ou grecque. On peut se demander s’il est possible de remonter avant les philosophes grecs et observer l’évidence d’idées transculturelles avant qu’elle ne s’assimile. Les innovations en art et en connaissances scientifiques, épaulées par l’archéologie et les matériaux textuels, peuvent aider à délinéer les processus sur la base pivotante des transformations culturelles. L’intrusion des peuples de l’Inde, et, sans doute, de leurs idées, au Moyen-Orient est bien connue. Un élément indien faisait partie des Mitanni qui, vers le quinzième siècle av.J.C., répandirent leur pouvoir des rives de la Méditerranée aux montagnes de Zagros. Dans un traité avec les Hittites, le roi des  Mitanni  jure par les dieux indiens Mitra, Varuna, Indra et  Nasatya. D’autres documents Mitanni, découverts dans les archives de Bogâzköy (Hittite) et d’El Amarna (Égypte)  met clairement en évidence les influences indiennes. Les textes hittites sur l’entraînement des chevaux et sur le charroi utilisent des chiffres en sanskrit. Un texte hourrite se sert du sanskrit pour décrire la couleur des chevaux. Les  Kassites ou Hourrites qui régnèrent en  Mésopotamie durant plusieurs siècles au second millénaire avant Jésus-Christ  possédaient un élément indien représenté, là comme ailleurs dans la région, par une aristocratie gouvernante. Il a peut-être joué un rôle dans le développement des représentations culturelles de l’Égypte et du Moyen-Orient au second millénaire av.J.C. Le début de cette invasion spécifique se situe autour de 1.800 av.J.C. Vers 1.650, un peuple indien occupa le delta du Nil pour un siècle, il est désigné sous le nom d’Hyksos, «  Les princes étrangers ». Les nouvelles visions eschatologiques et les innovations mythologiques sont prises comme preuve de cette présence séquence logique de leur présence en Asie de l’Ouest. Une invasion antécédente des idées de l’ « orient » en Égypte a été supposée par  la lecture des « textes de pyramides » vers 2.600 av. J.C. L’activité militaire du roi des Hittites, Hattusilis est considérée comme le moteur de ce processus.. Mais cette période ancienne ne nous concerne pas ici. Le souvenir de la suprématie de la région  indo-iranienne dans les idées religieuses et concomitamment artistiques est préservé dans un texte ancien Pahlavi. Le monde est divisé en trois régions : l’ouest (Rome à avec des riches ; Le nord et l’est(Turkestan et les  déserts) à la turbulence martiale, le sud (Iran et Inde) avec « la  religion, la  loi  en plus de  la royauté suprême ». (Dumézil 1973).  Le Moyen-Orient a-t-il servi de conduit aux idées indiennes ? » Dans ce texte, nous tracerons le passage de certaines idées indiennes en art et en astronomie vers le monde gréco-romain. Nous montrerons comment cela nous aide à comprendre l’antique interaction entre l’Inde et l’occident en phase avec les découvertes récentes des archéologues.

 

Le Langage du  Mythe

 

Le langage du  mythe représente la connaissance astronomique et spirituelle. Santillana et von Dechend, dans leur « Moulin d’Hamlet » (1969) montrent les similarités structurelles de nombreux mythes de l’ancien monde. Ils lisent ces mythes comme la narration des cadres perpétuellement mouvants d’une précession. Les mythes exposent aussi les transformations qui se déroulent dans les mentalités. Ce sens dual peut fournir une imagerie spécifique rendant son compte rendu possible.

 

Considérons Venus,  planète, déesse romaine de la productivité naturelle et aussi de l’amour et de la beauté. Les Grecs l’appelaient  Aphrodite et aussi Eosphoros ou «  celle qui apporte la lumière, quand elle apparaît l’étoile du matin et Hesperos quand elle apparaît comme l’étoile du soir. On croit qu’au début les Grecs ne savaient pas si c’était la même étoile mais à l’époque des pythagoriciens, son identité était connue. La Venus romaine dérive, par ses caractéristiques de l’Aphrodite grecque  qui en retour semble l’héritière de l’Ishtar babylonienne. On attribue, dans la  légende grecque d’Aphrodite, sa naissance à  Kupris ou Chypre ; Kupris, déesse féminine est dérivée du masculin Kupros. En Inde, l’attestation du Rigveda (10.123) nomme Vena la planète Venus et Shukra dans es textes ultérieurs. Nous avons alors une affinité linguistique entre ces noms Venus et Vena, Kupros et Shukra.

Le Rigveda décrit deux  aspects de Venus : la première, comme Gandharva  patronne du chant et des arts et l’autre, fils est fils du soleil et d’un asura. Ces conceptions conjuguées avec la signification de Vena : «  appartenir » et « amour » mène aux mythologies plus tardives trouvée en Inde ainsi qu’en Asie de l’Ouest. Alvarez en 1978 a suggéré que les représentations des déesses en Mésopotamie et plus tard subirent l’influence des idées indiennes.

Une évocation des premières conceptualisations de la déesse peut nous aider à établir une chronologie des idées en Inde. Aphrodite, comme Lakshmi, est née de la mer Mais l’histoire indienne est techniquement plus convaincante

Puisque la naissance est obtenue par barattage, comme on fait du beurre avec du lait alors que la circonstance de la naissance d’Aphrodite n'est pas décrite. Ishtar ne peut précéder  Vena, car elle n’est qu’un des nombreux éléments de l’hymne du Rigveda 10.123. Vena connaît le secret de l’immortalité ; ce qui fait, sans doute, référence au fait que Venus émerge à nouveau  après avoir été obscurcie par le soleil. Dans les gloses puraniques, Shiva avale Shukra, et est, plus tard, vomi sous forme  sperme. C’est un jeu sur l’étymologie de Shukra comme  « brillant »Les Puranas nous enseignent comment Les dieux apprenent le secret de l’immortalité de Shudra par subterfuge. Il y a un autre souvenir de l’immortalité de Venus dans le mythe du phénix homonyme de Vena, il ressuscite, réchauffé par les rayons du soleil.

 

Les sources indiennes nommément le Rigveda et les Puranas, explique toute la base du mythe du Vena-Shukra mythe  à plusieurs niveaux. En Mésopotamie, en Grèce et à Rome, il n’y a que des suggestions éparses pour mener à la conclusion que ces idées voyagèrent d’Inde en Europe par la Mésopotamie. Les spécialistes de la mythologie comparative mirent en évidence d’autres parallèles. Dumézil (1970, 1983)  a comparé les épisodes épiques des Puranas avec les mythes d’une variété de peuples européens et a pu détailler des similarités cruciales. Dumézil

évoque les racines trinitaires de la pensée indo-européenne pour expliquer cette similarité, il est plus probable que des histoires se sont transmises telles que celles, tardives, des fables indiennes et des Jatakas. Les histoires indiennes s’accordent à leur propre logique et les auteurs encyclopédiques des Puranas n’eurent aucune peine à en produire en grandes quantités. L’exposition des mythes dans les textes indiens est complète et explicative ce qui n’est pas le cas pour ceux des européens qui sont plus hétérogènes. Nicholas Kazanas (1998) montre que le Rigveda contient une portion nettement plus importante de l’héritage mythologique indo-européen commun. En fait, à peine un motif majeur commun à deux ou plus des autres branches qui ne se trouvent pas dans le Rigveda, c’est encore plus vrai dans la littérature Purana

 

Astronomie

 

Durant de nombreuses années le point de vue conventionnel voulait que l’astronomie indienne soit essentiellement dérivée des sources grecques et mésopotamiennes. Parce, qu’à l’époque, on croyait que les Indiens ne possédaient pas la tradition d’un empirisme raisonnable. Roger Billard (1971) a prouvé, grâce à l’utilisation de l’analyse informatique, que c’était faux et que les paramètres de la période Siddhantique étaient exacts pour la date des textes établissant ainsi qu’ils ne pouvaient être empruntés à d’autres vieilles sources à l’extérieur du pays. Pendant ce temps, notre compréhension de l’astronomie a complètement changé. Un code astronomique, découvert, dans l’organisation des livres védiques. L’astronomie des autels de feu, védiques est aussi mieux comprise (Kak 1994, 1995, 1996a,b). Ces découvertes indiquent  une longue tradition d’observation astronomique en Inde. L’origine des mathématiques indiennes est aussi beaucoup plus ancienne qu’on ne le pensait jusque là. Remontons plus en amont des débuts de l’histoire de l’Inde qui remontent à 40.000 ans, par l’art rupestre trouvé dans de nombreux sites du sub continent (Wakankar 1992). Il est presque certain de l’étude du ciel, existe depuis longtemps si on en croit les peintures rupestres.

 

Un sceau amulette de Rehman Dheri (2400 av.J.C.) indique que le système du nakshatra est très ancien. Le sceau montre une paire de scorpions au recto et deux antilopes au verso. L’argument (Ashfaque 1989) que le sceau représente l’opposition entre Orion (Mrigashiras ou tête d’antilope) et le Scorpion (Rohini) nakshatras. Il existe une autre relation entre Orion et Rohini, c’est le nom d’alpha Tauri, Aldebaran. Le fameux mythe védique de  Prajapati en Orion,  personnification de l’année,  désirant sa fille (Rohini) (par ex : Aitareya Br. 3.33) représente l’époque quand le début de l’année passe d’Orion à Rohini. Pour cette « transgression » Rudra (Sirius, Mrgavyadha) coupe la tête de Prajapati. On a suggéré qu’une des antilopes représente la décapitation d’Orion, ce qui semble être une représentation très raisonnable de l’iconographie du sceau. On a de bonnes raisons de penser que de nombreuses constellations furent nommées au troisième millénaire avant l’ère chrétienne. Ce qui expliquerait les appellations données par le Rigveda à celles-ci, telles les  Rikshas (La Petite Ourse et la Grande Ourse), Les deux chiens divins(Le Grand Chien et le Petit Chien, les Gémeaux (dans le Cancer), La Chèvre (Capricorne)

(Canis Major et Canis Minor), les gémeaux (dans le Cancer), et le vaisseau d’Argos sont les mêmes en Europe.

D’autres constellations évoquent des événements mythologiques similaires : Prajapati en Orion présentant sa décapitation, Osiris comme Orion quand Seth le tue. Le Vedanga Jyotisha de Lagadha (1300 av.J.C.) est un des textes védiques subsidiaires et son contenu doit être considéré grosso modo sur un plan comparable avec celui des Brahmanes et autres textes post védiques ainsi que le Vedanga Jyotisha qui arrive à une période bien ultérieure.

 

Les Puranas contiennent aussi un grand nombre de matériel très ancien et leur astronomie apparaît, sous tous les angles, bien antérieure à l’Aryabhata et ainsi nous procurent des indices sur l’évolution de la pensée astronomique.

On a longtemps considéré que l’astronomie siddhantique de l’Aryabhata trouvait son origine principalement dans les idées mathématiques de la Grèce et de Babylone. Vue inspirée, d’une part, par le fait que deux des cinq Siddhantas dans le Panchasiddhantika du Varahamihira nommément Romaka et  Paulisha, paraissent être liés

À l’ouest par les noms Rome et Paul. Mais le modèle planétaire des  premiers Siddhantas est, élémentairement, l’extension de la théorie des orbites du soleil et de la lune dans le Vedanga Jyotisha. De plus, la compilation des cinq

Siddhantas pré-Aryabhique dans le Panchasiddhantika (PS) du Varahamihira pose la question du développement graduel des idées à laquelle on en peut répondre, en l’examinant,  que difficilement. L’affirmation d’absence de traditions d’observations astronomiques chez les Indiens, continue à se répéter par des auteurs peu attentifs.

Mais Billard (1971) a montré que les paramètres des différents Siddhantas se trouvaient ajustés à leur temps.

 

L’idée d’évaluer le diamètre du soleil à cinq cent fois le diamètre de la terre, venait-elle des uns ou des autres.

Kak (1998) a montré récemment que cette distance est présente dans le Panchavimsha Brahmana, précède l’astronomie grecque dans toutes ses évidences. il a présenté les détails techniques du corpus ailleurs

(ex : Kak 1998c).  La conclusion principale de ces découvertes est que l’astronomie indienne la plus ancienne précède celle de la Mésopotamie. La trace des certaines idées indiennes se trouvent en Mésopotamie au cours du second et du premier siècle avant l’ère chrétienne. Elles furent, subséquemment transmises en Grèce.

 

Art

 

Sur les bases de l’évidence donnée ci-dessus, il n’est pas surprenant que les thèmes et les motifs de la sculpture et des derniers sceaux d’Harappa. dont l’un d’entre eux, est l’image du héros, la figure de Gilgamesh, se répètent au Proche-Orient et en Grèce (Kak 1998a). Ce qui rend vraisemblable l’idée d’une interaction entre l’inde et les régions occidentales autour du troisième millénaire avant l’ère chrétienne. Jetons un coup d’œil sur quelques formes comparatives spécifiques.

 

Héros, Sacrifice

 

 

Le  Kirttimukha, un  gardien de la marge, est daté assez tardivement dans l’art indien, en adéquation avec la tradition mythologique. Zimmer (1946) tente de démontrer que l’image de la gorgone doit être vue comme une interprétation grecque ludique du Kirttimukha assimilé à une légende différente. Napier (1986, 1982) appuie cette thèse en suggérant les que marques du front de la Gorgone et que l’œil unique des cyclopes sont des éléments indiens, production proto sociale de l’interaction avec les fantassins indiens qui combattaient dans les armées perses. Mais, la Grèce, aussi, accueillait des marchands indiens. Le fait que le nom de la cité mycénienne grecque de Tiryns,

L’endroit ou se trouve les monuments les plus anciens de la Grèce, est le même que celui du peuple de marins le plus puissant de l’Inde appelé Tirayniens (Krishna 1980). Napier a montré que l’histoire de Persée et de la Gorgone

convergeait avec des éléments indiens, plus particulièrement en relation avec les mythes de Lycie.

 

« Ce royaume ancien prend sa place, principalement, dans la mythologie grecque comme  une localisation de l’exotisme : là-bas se trouve l’ivoire, les paons, les « vaches aux yeux innombrables », on s’y amuse et on l’assimile à l’esprit pré classique qui trouve tout exotique. Au British Museum, nous trouvons une construction lycienne, avec son toit, descendant clairement d’un ancien style sud asiatique. La démonstration de cette hypothèse ne se limite pas à ce qui pourrait sembler être une similarité superficielle, ni des nombreuses références auxquelles la Lycie est associée, mais dans le nom même de la structure qui date du milieu du quatrième siècle av.J.C. : la tombe gréco-indienne, s’il y en avait une,  de Payava. Et qui étaient les Tirayniens, sinon les ancêtres des plus fameux clans indiens, les Pallavas et les Cholas ? » (Napier 1998).

 

Art Funéraire

 

 

La mythologie indienne possède de riches descriptions de la cité d’Indra, le paradis, avec ses nénuphars et ses jardins. Octavio Alvarez (1978) suggère que ces thèmes védiques, de l’au-delà, sont croqués sur les tombes étrusques. Il suit la transmission de ces thèmes via l’Égypte ou les âmes n’étaient plus reçues par la tragique déesse de la mort

Osiris, mais par Athor, l’enchanteresse, déesse de la joie et de l’amour comme dans la conception primitive gréco-romaine ou les âmes étaient supposées vivre « sans diaphragme », c’est à dire, privées de nourriture et de sexe. Mais finalement, l’idée du paradis védique, quand, dans la cité d’Indra, tout est jeunesse et plaisir, déplace ces vues plus anciennes et Alvarez est à même de démontrer les nouveaux symboles de résurrection utilisée dans l’art étrusque et l’art funéraire plus tardif. Il établit la relation entre les nénuphars dans la mythologie gréco-romaine et les  apsarases of the  de la mythologie védique. Prenons note du fait que l’interprétation occidentale de l’au-delà védique fonctionne comme un rendu littéral de la métaphore. Le paradis védique transcende l’espace et le temps et représente l’absorption dans le Brahmâ. Et il est fascinant que la notion de paradis comme jardin de plaisir fut adopté plus tard par l’Islam.

 

Alvarez  peut expliquer l’iconographie des sarcophages marins étrusques, de manière très convaincante en usant des parallèles indiens.

Il décrit huit éléments de base :

 

1. La scène de l’océan céleste, refuge des âmes disparues qui ressemble au paradis d’Indra.

2. Les femmes sont les  apsarases, nymphes des eaux.  Sur les sarcophages anciens, l’imagerie sépulcrale revêt la coiffure et les pendants d’oreille, mais sont, sinon, nus conformément aux modèles indiens. Ils sont vus intentionnellement avec des ventres proéminents et de gros postérieurs, drapés à la manière indienne

3. Les bébés sont les âmes du disparu  qui réaparait au paradis, réapparition semblable à une résurrection.

4. Les fleurs sont les véhicules naturels de la résurrection comme celle qui vient du lotus.

5. L’allaitement des âmes enfants montre la réception et le nourrissement par les ôtes célestes

6. Les centaures de la mer sont les gandharvas, contrepartie males et amants  des asparses. Ils ont des nageoires et des queues de poisson pour les différencier des centaures gréco-romains.

7. Les  amorini qui remplissent l’atmosphère des symboles méditerranéens et dénote l’océan céleste, si brillamment décrit dans l’eschatologie indienne

8. Le portrait du décédé montré dans un coquillage, sans doute pour indiquer la renaissance dans « l’Océan Céleste »

 

D’autres éléments indiens sont présents dans l’iconographie telles passementeries et noix de bétel

 

Le Chaudron de Gundestrup

 

Considérons le cas du chaudron de Gundestrup, découvert au Danemark, il y a une centaine d’années,

Ce vase d’argent, daté autour du milieu du deuxième siècle av.J.C.. Ses flancs sont garnis de scènes variées de guerre et de sacrifice, divinités luttant avec des animaux, déesse flanquée d’éléphants, une figure méditative portant une ramure de cerf. Le parallèle est suggéré par les éléphants, complètement hors de contexte en Europe et par la déesse  à la pose yogique. Si on en croit l’historien de l’art Timothy Taylor (1992), « Une tradition technique et picturale partagée s’est étendue de l’Inde à la Thrace ou le chaudron fut fait, pour se retrouver au Danemark. Les rituels yogi, par exemple, peuvent s’inférer des poses montrant l’homme portant la ramure sur le chaudron et d’une figure à  tête de taureau sur une matrice de sceau du Mohenjo-Daro. Trois autres liens indiens : les bains rituels des déesses avec les éléphants( la déesse indienne est Lakshmi) ; les dieux à figure circulaire (Vishnou) ; La déesse aux cheveux tressés avec des couples doiseaux(Hariti) ». Taylor se demande si ce ne sont pas des classes d’artisans itinérants indiens, un peu semblables aux gitans en Europe, eux aussi originaire de l’Inde, étaient, peut-être, les créateurs du chaudron.

 

 

Terres cuites égyptiennes

 

Harle (1992) les a examinées découvertes par Petrie à Memphis en Égypte et il les croit indiennes, elle date de l période gréco-romaine et il est convenu qu’une colonie indienne existait à Memphis à partie du cinquième siècle avant l’ère chrétienne. Renouvellant l’évidence, Harle conclut que les figurines furent fabriquées par des colons indiens. Il souligne que la pose,  dans les deux cas sont lalitasana et rajalilasana. Il ajoute : « La sensation plastique, quoi qu’il en soit, difficile à définir, est aussi indienne » il y a d’autres formes qui évoquent aussi certaines figures indiennes : la corpulence, un genre de dhoti comme vétement d’en bas rt dans un cas, un petit bras à droite et un foulard sur l’épaule gauche, toutes ces formes ramènent au Pancika (Kubera) indien de  Gandhara et des sculptures

Panchika et Hariti du musée de Peshawar''. Les figures comprennent aussi celle qu’on a traditionnellement pour

Harpocrate, le fils d’Isis et d’Osiris. Mais il est possible que pour les colons indiens la figure représente Krishna-Vasudeva comme l’enfant dieu. Deux bronzes de cet enfant dieu ont été trouvés à  Begram et Taxila.

 

Le contexte archéologique

 

En étudiant l’interaction entre l’Inde et l’Europe, on doit noter que les dernières découvertes archéologiques placent les indo-aryens, fondateurs de la tradition littéraire indienne, dans l’Inde même (Feuerstein et Al 1995).

Les antécédents de la civilisation d’Harappa remontent en inde à 8.000 ans avant l’ère chrétienne. On ne sait pas si cette tradition dérive ou de la tradition de l’art des roches(40,000 av.J.C.). Mais on ne peut lire aucune évidence de discontinuité dans les minutes archéologiques, les seules ruptures sont dues à des facteurs écologiques. Suivant

Shaffer et Lichtenstein (1998), qui sont contre le modèle invasion/immigration, « alors que les données s’accumulent pour étayer la continuité culturelle dans les périodes préhistoriques et historiques, une restructuration considérable des paradigmes interprétatifs doit s’opérer, nous rejetons vivement les interprétations historiques simplistes, qui datent du dix huitième siècle et qui continuent à s’imposer à l’histoire culturelle de l’Asie du sud. Ces interprétations se trouvent significativement diminuées par l’ethnocentrisme européen et son héritage colonialiste et raciste ».

 

La littérature indienne se souvient d’évènements qui remontent au quatrième ou au cinquième millénaire av.J.C.

La présence de l’élément indien au Proche Orient au second millénaire av.J.C. devrait se lire comme une invasion de l’Inde ou de groupes indianisés culturellement.

 

L’assèchement de la Sarasvatî autour de 1.900 av.J.C. qui induisit une relocalisation majeur de la population centrée sur les vallées du Sindhu et de la Sarasvatî, serait aussi un événement qui aurait  contribué à l’immigration vers l’ouest. C’est peu après, que l’influence indienne apparaît partout en Asie de l’ouest, en Égypte et en Grèce.

Dans ce texte nous avons révisé quelques éléments de l'astronomie indienne en Grèce, une étude sur l’art nous a montré l’évidence d’une présence indienne dans le monde gréco-romain comme dans le cas de la Gorgone, du sarcophage marin de Rome, des figures yogique et autres déités sur le chaudron de Gundestrup  et des figures de Memphis, en argile cuite. Nous pensons que l’ancienne Eurasie entretenait des interactions et un commerce considérable à l’intérieur de ses régions. Processus complexe dont les migrations faisaient, sans aucun doute, partie.

 

La diffusion des idées étant un élément important du commerce, nous avons vu ici, quelques exemples d’idées artistiques et astronomiques qui voyagèrent d’est en ouest et vice et versa

 

 

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Bibliographie

 

Alvarez, O. 1978. Celestial Brides: A Study in Mythology and Archaeology. Stockbridge.

Ashfaque, S.M. 1989. ``Primitive astronomy in the Indus civilization.''  in Old Problems and New Perspectives in the Archaeology of South Asia, J.M. Kenoyer (ed.). 207-215, Madison, WI.

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